La
rediffusion d’impressions ne se limite pas à la rediffusion d’émotions
manifestes ; elle s’élargit aussi aux impressions indirectement vécues
dans le rêve (impressions oniriques sous-jacentes).
Prenons,
à titre d’exemple, la séquence de rêve suivante :
Rêve
|
Emotions |
Vécu de la veille |
|
Je suis avec quelqu’un et
je skie. |
Plaisir. Légère crainte de tomber. |
Une recherche théorique s’accompagne, en arrière fond,
d’une impression qui pourrait s’exprimer par « tout semble aller de
soi » d’où un plaisir. Une légère angoisse cependant : celle de
voir des difficultés apparaître. |
|
Je m’arrête et un skieur
anonyme manque de me renverser. |
Sentiment d’instabilité. Peur. |
Apparaissent des
objections de plus en plus sérieuses (instabilité). L’une d’elles est à
l’origine d’une réfutation telle qu’il s’ensuit une impression qui pourrait
s’exprimer par « et si je me trompais partout ? » (peur). |
|
Mon collègue me dit que
c’est de ma faute ; le skieur anonyme approuve par une mimique. |
Culpabilité. |
Je me sens responsable de
cette situation (culpabilité). |
Le
parallélisme entre le rêve et la réalité ne se limite pas à la trame des
émotions (plaisir, légère crainte de tomber / sentiment d’instabilité, peur /
culpabilité). Les scènes s’accompagnent aussi d’impressions dites
« sous-jacentes » parce qu’elles sont moins manifestes que les
émotions. En l’occurrence, dans notre exemple :
Rêve
|
Impression sous-jacente |
Vécu de la veille |
|
Je suis avec quelqu’un et
je skie. |
Je me sens accompagné. Je me sens skier |
Je me sens accompagné par un « Alter Ego » qui
me souffle des intuitions (les intuitions semblent venir d’une autre source
que du « moi » qui pense habituellement). Impression d’avancer facilement tout en évitant ou
absorbant les obstacles intellectuels (les critiques, les bosses de la
pente). |
|
Je m’arrête et un skieur
anonyme manque de me renverser. |
L’impression d’avancer se
change en impression d’être à l’arrêt. Risque de renversement. |
L’objection, qui se trouve
sans réponse, fait que j’ai l’impression d’un arrêt dans l’avancement théorique. Je crains que la déception
de ne pas parvenir à parer l’objection ne m’abatte. |
|
Mon collègue me dit que
c’est de ma faute ; le skieur anonyme approuve par une mimique. |
Je me sens inculpé par mon
accompagnateur. L’inculpation est de forme
modérée. |
Un auto-reproche me semble
venir d’une autre source que du « moi » qui pense habituellement. L’auto-reproche n’est pas
insistant. |
Au
total, compte tenu des éléments de la réalité, on comprend pourquoi le rêve
fait :
-
skier avec quelqu’un.
-
stopper et passer près d’un heurt.
-
la cible d’observations orales.
Ce
type d’écho entre les scènes oniriques et les scènes réelles est apparu dans
70% des 344 scènes répertoriées.